historique

J0 : La frappe sur Toulon

" Je suis profondément préoccupé par la situation nucléaire car elle est imprévisible. J’espère sincèrement que nous pourrons empêcher les choses d’empirer. ”
La frappe
La ville de Toulon (Principale base navale française) a eut droit à un unique missile intercontinental RT-2PM Topol (SS-25 selon la nomenclature de l'OTAN) porteur d'une tête nucléaire de 800 kilotonne et ce fut bien suffisant. Ce missile doté d'une portée opérationnelle de 11 000 kilomètres se déplaçait à mach 21, soit 25 000 Km/h (Pour parcourir les 3300 km séparant Toulon de sa base de lancement, Iochkar-Ola, il lui suffisait de 8 minutes de vol !).
Le missile a explosé 700m d'altitude, soit la moitié de l'altitude optimale, afin de maximiser ses effets destructeurs sur les éventuelles fortifications de la base de Saint Mandrier tout en conservant un effet 'Mach'.
Effet Mach : Une onde de choc se déplace dans l'air de façon quasi sphérique et quand elle touche le sol elle rebondit. A ce moment, un effet 'Mach' apparait. L'onde qui a rebondi continu son expansion en se combinant à celle qui est directe. Ainsi, il y a formation d'un mur plus ou moins haut selon l'altitude de l'explosion initiale. Ce mur est une surpression formidable. De plus, après que l'ensemble de l'énergie ait été consommée pour chauffer l'air, ce dernier se refroidit et on assiste alors à une deuxième onde, moins violente, en sens inverse. Il y a donc un second effet qui va achever la destruction des bâtiments déjà fragilisés.
Phase 1
Le premier effet d'une explosion de bombe nucléaire est la phase de transfert radiatif. La température de la matière environnante monte, dépassant localement le million de degrés Celsius, pour donner naissance à une sphère de plasma : la boule de feu. C'est elle qui provoque un premier flash lumineux très bref (le Fireball) avant de rougir rapidement en refroidissant. Toute personne regardant par accident directement la boule de feu a des chances que sa rétine soit endommagée ou brûlée, avec un risque de cécité temporaire ou définitive, et ceci même à très grande distance.
Le missile ayant explosé au dessus de la base de Saint Mandrier. La boule de feu d'un rayon de 800 mètres environ a instantanément vitrifié la base et l'intégralité du village de Saint Mandrier détruisant absolument tous les bâtiments.
Phase 2
Le second effet est le transfert d'onde de choc. En l'espace d'un millionième de seconde, l'explosion génère une onde de choc qui se propage à plus de 1000 km/h dans un rayon de plusieurs kilomètres autour du point d'impact pulvérisant tout sur son passage, bâtiments, arbres et êtres vivants, générant énormément de cendres et de poussières.
Compte tenu du type de missile concerné, la zone de destruction massive s'étend sur 2,5 kilomètres autour du point d'explosion, couvrant l'intégralité de la presqu'ile de Saint Mandrier, le front de mer donnant sur la Rade entre les Sablettes et le fort de l'Eguillette ainsi la pointe de La Mitre. Dans cette zone presque rien ne subsiste. Sur un rayon de 5 kilomètres en partant du point d'explosion, l'onde de choc a ébranlé tous les bâtiments, provoquant de nombreux effondrements (Un grand nombre de victimes succombent ensevelies sous les décombres), soufflant toutes les vitres et les toits. L’explosion va aussi produire des projectiles, de petite, moyenne ou grosse taille, qui causeront des fractures ou de graves blessures internes dont la perforation des poumons et la rupture d’organes internes du corps. De plus, lors de l’impact, vous pouvez être projeté sur une grande distance, ce qui entraînera des blessures lors de votre retour au sol. La zone concernée couvre tout le port de la Seyne, la base navale et le port de Toulon, le centre ville de Toulon au sud de la voie ferré ainsi que la zone du mourillon et du Cap Brun.
Phase 3
La troisième phase est dite du Flash thermique et se caractérise par l'émission d'un rayonnement thermique et lumineux très important qui brûle et enflamme des objets sur une distance bien supérieure à celle des effets précédents. Les effets thermiques sont de loin les plus meurtriers. L'essentiel des dégâts observés sur la faune et la flore terrestre ou marine dans un rayon de plusieurs kilomètres est provoqué pendant les quelques secondes que dure cette troisième phase par la brûlure thermique ou par le choc entraîné par l'effet de souffle.
Sur un rayon de 12 kilomètres, l'onde de choc a brisée les vitres des fenêtres donnant vers Saint Mandrier et le flash thermique aura brulé au troisième degrès tout ceux qui n'étaient pas protégé par un épais mur de pierre. La zone concernée couvre Six Fours, le Seyne, Ollioules, l'intégralité de Toulon et du Faron, La Valette et La Garde. Les personnes situées entre 12 et 15 km du point d'explosion seront brulées au second degrés si elles sont à découvert ou faiblement protégée. Cette zone supplémentaire comprend Sanary, Le Revest, La Farlède, La Crau et Carqueiranne.
Il faudra être situé à plus de 25 kilomètres pour être sûr à 100% de ne subir aucune blessure, même mineure, à cause de l'explosion. 25 Km, c'est La Ciotat, Cuges les pins, Garéoult, Puget Ville ou bien encore Bormes les mimosas ! Et on ne parle bien là que de blessures directes, en cas de vent d'Est, La Ciotat sera directement impactée par les retombées radioactives. Idem pour Bormes en cas de Mistral.
Le champignon 'atomique'
L'air chaud étant plus léger que l'air froid, en l'espace de quelques dizièmes de secondes la boule de feu s'élève au-dessus du sol en créant une forte aspiration d'air. Un violent courant d'air ascensionnel se manifeste, entraînant toute la matière pulvérisée alentour. C'est ce phénomène qui soulève la poussière du sol et crée la tige du champignon atomique.
Dans la troposphère (Du sol à 10-12 km d'altitude), l’air se rafraîchit avec l'altitude à raison de -6,4° par 1000 mètres. La lisière entre la troposphère et la stratosphère s'appelle la tropopause et on y constate l'inversion de certaines caractéristiques physiques comme la température qui cesse de baisser pour augmenter à nouveau. Du coup quand le nuage atteint la tropopause vers 12 km d’altitude, il cesse son ascension. Il continue alors à se développer en s’étalant horizontalement. C’est le chapeau du champignon. (Les bombes les plus puissantes, celles à hydrogène, libèrent une telle quantité d’énergie que le courant ascensionnel peut parvenir à franchir la troposphère pour atteindre la stratosphère où de toutes façons il rencontre des températures très basses. Dans ce cas on observe le sommet du chapeau très plat).
La forme du champignon n’a donc aucun rapport avec sa nature atomique. Des bombes traditionnelles, si elles sont suffisamment puissantes pour générer la même quantité de chaleur et donc cette boule d’air extrêmement chaud, peuvent donner lieu au même champignon.
Les radiations
La zone de Saint Mandrier qui était directement sous la boule de feu de l’explosion nucléaire est irradié et restera hautement radioactive pendant longtemps. Personne de présent dans cette zone n'a pu survivre à moins d'être dans un abris anti-atomique profondement enfouis sous terre. S'approcher de cette zone sans matériel de protection adéquat et en parfait état serait suicidaire pour au moins mille ans !
Le jour de l'explosion, c'est le vent d'Est qui soufflait. Les retombées radioactives frappèrent donc principalement, outre la vieille ville de Toulon elle même, l'Ouest de l'aglomération toulonnaise jusqu'à Marseille et même un peu au delà. Mais elle se mélangeait à ce niveau avec les impacts ayant visé directement la cité phocéenne. Les personnes qui savaient quoi faire ne furent pas fortement impactées par ces retombées mais elles étaient peu nombreuses. L'immense majorité des survivants, loin de se confiner, étaient bêtement dehors les premiers jours à arpenter les rues. Peu de ceux là passèrent le premier mois.
Les poussières lourdes sont les plus dangereuses car elles transportent beaucoup de radioactivité. Elles tombent très près du « Groud Zero » quelques minutes après l’explosion alors que les poussières légères sont transportés par les vents et peuvent voyager sur des centaines de kilomètres avant de tomber quelques heures plus tard. Il y a donc dans l'ensemble de l'aglomération toulonnaise des « points chauds » répartis aléatoirement (mais plus fréquent au fur et à mesure qu'on s'approche du point d'explosion) qu'on ne peut détecter qu'avec un compteur Geiger et qu'il conviendra d'éviter pendant plusieurs siècles en l'absence d'une décontamination efficace.
En dehors des points chaud, la contamination baisse assez rapidement. Empiriquement, on peut estimer qu'une heure après l'explosion les victimes sont exposées à des débits de doses élevées jusqu'à 10 Gy/h à l'endroit des retombées. Toutes les 7 heures, ce débit est à diviser par dix. Au bout de 15 jours, ce débit n'est plus que de 1 mGy/h.
pour plus d'information sur le risque radioactif, merci de consulter le chapitre concerné dans la rubrique "Post Apocalyspe - Radiations"
Pour Info : La Variable Altitude
Hormis la charge, l'ogive contient un bloc de guidage de taille réduite qui remplit plusieurs tâches. La principale consiste à faire exploser la charge à une altitude très précise. L'arme nucléaire n'est pas prévue pour être utilisée à la surface, si ce n'est pour neutraliser les silos de missiles souterrains de l'ennemi. La hauteur optimale de déclenchement des ogives est de 1 200 mètres. C'est à cette altitude que l'onde de choc reflété par la surface fusionne au mieux avec celle qui se dissipe latéralement en la renforçant, créant une onde de choc combinée particulièrement destructrice (Effet Mach).
On peut cependant régler cette altitude différement selon l'objectif de la frappe. Plus on provoque l'explosion à basse altitude et plus on renforce la puissance destructrice mais sur une zone qui diminue proportionellement en taille. C'est utile pour frapper des structures particulièrement solide. Il faut aussi noter que plus l'explosion se fait proche du sol et plus les retombées radioactives sont importantes.
A l'inverse, on peut faire exploser le missile plus haut mais dans ce cas on a une forte diminution des effets destructeurs (l'onde de choc et l'effet thermique n'atteignant pas le sol). On note par contre un effet des rayons ionisants avec un très grand rayon d'action comme la démontrer l'expériance 'Starfish Prime' : Le 9 juillet 1962, les USA testent une explosion nucléaire à une altitude de 400Km au dessus du Pacifique. L'objectif premier était de tester la possibilité de dévier et de diriger vers l'ennemi grâce à des explosions nucléaires exoatmosphériques la ceinture de radiation qui entoure notre planète (Ceinture Van Allen). Ce fut un échec mais par contre, l'impulsion électromagnétique (IEM) due à l'explosion induisit une surtension dans une trentaine de lignes de l'éclairage publique de Kailua et Mānoa (Hawaï) situés à près de 1 500 km de la détonation, provoquant la fusion des fusibles qui protégeaient les installations de 300 réverbères. Cette IEM a également éteint des stations de radio, arrêté des voitures, brûlé des systèmes téléphoniques et causé d'autres méfaits dans les îles hawaïennes. Pour terminer, de tous les essais nucléaires réalisés hors de l'atmosphère, Starfish Prime est de loin celui qui a créé la ceinture de radiation artificielle la plus intense et la plus longue dans le temps. Cet effet a été fatal pour plusieurs satellites dont les panneaux solaires et les circuits électroniques ont été endommagés par le nouveau flux massif de particules ionisées. Sur les 24 satellites qui étaient en orbite ou ont été lancés dans les semaines suivant l'explosion, au moins huit ont subi des dommages indéniablement liés à l'essai nucléaire et, pour la plupart d'entre eux, irrémédiablement perdus.
Carte de la frappe initiale
Toutes les simulations liées au projet 'Après Toulon' ont été faites avec l'excellent simulateur 'Nukemap' en version 2.6 qui permet un choix varié de conditions d'attaque sur n'importe quel point du globe.
Pour essayer Nukemap : Cliquez ici !
Le jour 'Zéro'